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LA REVOLUTION TUNISIENNE, LA REVOLUTION DU JASMIN 2010 - 2011

 
La «révolution du Jasmin», de Sidi Bouzid à la fuite de Ben Ali
Sur un mois de contestation, de l'immolation d'un jeune diplômé chômeur à la chute du régime de Ben Ali, après 23 ans de règne.

Un Tunisien vivant en France brûle une photo de Ben Ali, le 15 janvier, à Marseille. (REUTERS)

17 décembre. Mohamed Bouazizi s'immole par le feu devant la préfecture de Sidi Bouzid, ville de 40.000 habitants au centre du pays. Diplômé et chômeur, comme de nombreux jeunes Tunisiens (lire le décryptage), Mohamed Bouazizi vendait des fruits et légumes sur le marché, sans autorisation. Après la confiscation de sa marchandise par la police, il tente de plaider sa cause auprès des autorités. En vain.

«Dès la nouvelle [de son immolation] connue, plusieurs dizaines de commerçants et de jeunes se sont rassemblés pour un sit-in pacifique devant la préfecture, siège du gouverneur local auquel ils ont demandé une entrevue», écrit Libération le 21 décembre.

18 décembre. Jour de souk, la protestation prend de l'ampleur. Un sit-in pacifique est organisé devant la préfecture. La police disperse la manifestation à coups de gaz lacrymogènes et de matraques. Tout le week-end, de violents affrontements opposent forces de l'ordre et jeunes manifestants. Premières arrestations.

Manifestation à Sidi Bouzid le 23 décembre 2010 (AFP)

20 décembre. Manifestation de soutien à Meknassi. D'autres villes sont touchées par des troubles: Sidi Ali Ben Aoun, Menzel Bouzaiane, etc.

22 décembre. Un autre jeune chômeur se suicide à Sidi Bouzid. Houcine Neji a escaladé un pylône et s'est électrocuté avec les câbles électriques.

24 décembre. A Menzel Bouzayane, à 60 km de Sidi Bouzid, la police tire sur des manifestants. Bilan: deux morts.

25 et 26 décembre. Première manifestation de diplômés chômeurs à Tunis même.

28 décembre. Rassemblement de solidarité des avocats, deux d'entre eux sont arrêtés puis relâchés.


Les avocats manifestent à Tunis, le 28 décembre. Source: YouTube/TheTunisietunisia

Première prise de parole du président Ben Ali. Il dit comprendre «la difficulté générée par la situation de chômage», mais dénonce une «instrumentalisation politique». Le lendemain, le ministre de la Communication est limogé.

Ben Ali rend visite à Mohamed Bouazizi, hospitalisé près de Tunis. Une image devenue celle d'un dictateur face à celui qui à l'origine de sa chute.

Ben Ali face à Mohamed Bouaziz, qui s'est immolé le 17 décembre à Sidi Bouzid (Reuters).

Du 3 au 7 janvier. Manifestations et répression se poursuivent et gagnent de plus en plus de villes : Thala, Bizerte, Sfax, Kairouan, Meknessi, Regueb, Souk Jedid, Ben Gardane, Medenine, Siliana, Sousse, etc.

Le 6 janvier, des blogueurs et le rappeur El general sont arrêtés.

4 janvier. Mohamed Bouazizi, à l'origine de la révolte, meurt de ses blessures. Le «martyr», comme sont nommés par les manifestants tous ceux morts lors de ce mois de révoltes, est enterré le lendemain.

8, 9 et 10 janvier. Week-end sanglant, en particulier à Kasserine, Thala et Regueb. Les autorités comptent 21 morts, des sources militantes affirment qu'il y en a eu plus de 50, rien qu'à Kasserine. Les cortèges funèbres ont été pris pour cibles. Les symboles du pouvoir sont clairement visés.

 

A Kasserine, les manifestants retirent un portrait géant de Ben Ali d'un bâtiment officiel. Source: YouTube/Nawaat

Les vidéos des massacres et des tirs à balles réelles tournent de plus en plus sur Internet, notamment sur les réseaux sociaux et les sites de la cyberdissidence, tels Nawaat.

 

Affrontements à Kasserine, le 10 janvier. Source: YouTube/Nawaat

10 janvier. Deuxième prise de parole de Ben Ali. Il dénonce des «actes terroristes» perpétrés par des «voyous cagoulés». Il promet la création de 300.000 emplois supplémentaires d'ici 2012.

Manifestations de lycéens et d'étudiants à Tunis.

11 janvier. Tunis est gagnée par les affrontements, de même que les villes côtières et touristiques telles que Sfax ou Sousse. Les manifestations se poursuivent ailleurs dans le pays, notamment à Kasserine. Le régime ordonne la fermeture des écoles et des universités «jusqu'à nouvel ordre». Lire aussi ici.


Michèle Alliot-Marie propose une coopération sécuritaire au pouvoir tunisien, «pour que le droit de manifester puisse se faire en même temps que l'assurance de la sécurité.»

 

Source: Compte YouTube de Nawaat (via BFM TV)

12 janvier. Le ministre de l'Intérieur est limogé, une commission d'enquête sur la corruption est créée.

Un chercheur franco-tunisien est tué à Douz. Affrontements à la cité Ettadhamen, dans la banlieue tunisienne.

Couvre-feu à Tunis, mais les affrontements se poursuivent. Ils font huit morts. Au total, selon la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme, au moins 66 personnes ont été tuées depuis mi-décembre.

13 janvier. Nouvelle allocution télévisée de Ben Ali. Il s'engage à quitter le pouvoir en 2014, et ordonne la fin des tirs à balles réelles contre les manifestants, promet la «liberté totale» d'information et d'accès à internet et annonce une baisse des prix.

L'intégralité de l'allocution du président tunisien Ben Ali en français cliquez ici

Source : LIBÉRATION.FR

Révolution Tunisienne en détail sur Wikipédia cliquez ici

 

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